Historique

 

Au XVIII ème siècle ce qui allait devenir plus tard le chrome, suite à la découverte du chimiste Vauquelin, se présente sous la forme d'un minerai rouge présent dans les montagnes de l’Oural. Du fait de son origine géographique et certainement de son aspect il est appelé " plomb rouge de Sibérie".


La découverte de cet élément minéral date de 1761 et doit être mise à l'actif du géologue JG Lehmann qui découvre ce minerai de couleur rouge-orange. Il s'agit en fait de chromate de plomb.


En 1770 une autre expédition du géologue PS Pallas qui explore le même site dans les monts Oural rapporte ce minéral rouge appelé aussi minéral de cocoïte qui va cette fois être utilisé comme pigment pour les peintures. Cela donne une teinte de couleur jaune brillante qui va devenir très à la mode à l'époque. Cette fabrication fut abandonnée du fait de sa toxicité pour l'être humain.


Mais demande étant créée l'exploitation commerciale de ce minerai commence à devenir une réalité. Mais c'est l'invention de NL Vauquelin (voir histoire du chrome) qui va donner tous sont essor à ce nouveau produit. Entre les années 1797 et 1797 il parvient dans un premier temps à produire de l'oxyde de chrome en utilisant de l'acide chloridrique comme réactif puis il arrive à isoler le chrome métallique en chauffant l'oxyde dans un four. Ce sont les prémisses de l'ère de l'industrie du chromage et en parallèle du développement des mines de chrome.


Plomb rouge de Sibérie, minerai de crocoïte, gisement de chromite sont des appellations différentes pour des ressources minières relativement similaire. En 1827 alors que les approvisionnements de ce produit venaient principalement de Sibérie un gisement de chromite est découvert en Amérique qui devient le plus gros producteur jusqu'en 1848. A cette date un très important gisement est découvert en Turquie.


En parallèle de ces découvertes minières les techniques d'utilisation évoluent et avec elle les différents marche possibles pour le chrome. Son usage est double avec une partie décorative dans laquelle il est employé pour donner du lustre à toute sortes d'objets pièce de machines , soldat de plombs , parties de meubles et objets de décoration et une partie industrielle dans laquelle on exploite sa résistance mécanique aux frottements. La principale méthode utilisée est alors la galvanoplastie (voir la rubrique les applications modernes du chromage).


Le marché du minerai de chrome et spécialement de la chromite devient alors une affaire mondiale drainant d'importants capitaux et entrainant l'exploitation et le transport de millier de tonnes de chromite avec une vocation de plus en plus axée sur l'industrie lourde comme la métallurgie.


De nos jours l'utilisation décorative est devenue vraiment négligeable ce qui ne réduit en rien le dynamisme du marché du minéral de chrome. En effet les alliages de métaux et la chimie industrielle sont devenus les principaux consommateurs de ce produit. Le chrome entrant dans la composition de l'acier inoxydable mais aussi de nombreux alliage de métaux a haute technicité.


Les réserves mondiales de chromite s'élèveraient à 12 milliards de tonnes avec comme principaux pays abritant d'importantes réserves le Kazakhstan, la Russie, l'Afrique du sud, l'Inde.


Il faut noter la présence d'une mine en Finlande précisément en Laponie et d'une petite production historique en Nouvelle Calédonie. 


Le principal pays importateur de ce minerai est la Chine qui dans le cadre de son puissant développement industriel consomme de grande quantité de cette matière première notamment pas la transformation en ferrochrome qui permet de produire de l'acier inoxydable.


Si le chrome a perdu de sa superbe décorative dont l'apogée a été atteint dans les années 60 (voir la rubrique la belle époque du chrome) il est donc devenu de nos jours un acteur marquant de l'industrie lourde et de la métallurgie


La première utilisation de l'ancêtre du chrome (le minerai de cocoïte) à été une utilisation décorative au niveau des pigments picturaux.
Il en fut de même ensuite pour l'oxyde de chrome qui de par sa résistance à l'oxydation et sa belle couleur gris clair brillant présentait toutes les caractéristiques pour revêtir et mettre en valeur des objets de décoration luxueux tout comme des éléments du quotidien tels que  des poignées de porte ou des patères pour accrocher les vêtements.


Ainsi de très nombreux objet vont, à partir des années 1850, utiliser des pièces chromées et cette mode va sans cesse aller de l'avant jusqu'à atteindre l'apogée des années 1960. Si on doit donner des dates pour l’âge d'or du chrome se serait sans doute des années 1930 aux années 1960 et pour l'industrie automobile les trente glorieuses.
Durant cette période le chrome décoratif sera présent partout mais si il est une industrie dans laquelle son utilisation approchera de la perfection artistique c'est bien l'industrie de la construction automobile et des deux roues.


Pour les deux roues le chrome est traditionnellement utilisé pour les jantes afin de leur conférer une résistance aux intempéries mais aussi leur donner un aspect brillant et agréable à la vue. Rapidement cependant il investit à titre purement décoratif d'autres parties de la moto comme le réservoir. Le summum en la matière reste évidemment les motos de type chopper qui sont de véritables monuments dédies à la vénération du chrome.
Pour l'industrie automobile l'utilisation du chrome vise à donner un caractère luxueux et haut de gamme aux plus beaux modèles de chaque grande marque. Cette tendance à malheureusement totalement disparue de nos jours et même les voitures les plus luxueuses ont abandonnées cet habillage au profit de la résine et des composites. La dernière marque qui a résistée à cet abandon est Rolls Royce car il est sans doute impossible d'imaginer cette voiture sans un radiateur parfaitement chromé et brillant comme un miroir.


Par contre les années qui sont communément appelées les trente glorieuses  ont été le théâtre d'une véritable débauche de chrome dans l'industrie automobile. Cette période a donné naissance à de véritables voitures de légendes qui font aujourd’hui la joie et la fierté des collectionneurs. A cette époque les voitures dégoulinaient littéralement de chrome  c'était un peu comme si les constructeur avaient décidé que toutes les pièces d'un voiture avaient la possibilité d'être chromées. 


Les stylistes inventaient de formes et dessinaient des parties de carrosserie qui avait une vocation strictement esthétique et que le chrome contribuait à mettre en valeur. On trouve ainsi des par choc de voitures américaines des années 1950 qui sont de véritables œuvres d'art. 


Un bel exemple de cette tendance est la Cadillac séries 62 de 1950.( photo http://oldcarandtruckpictures.com/Cadillac/cadillac1950-1959.html ) ou la buick Road master de la même époque.


De nos jours les principaux utilisateurs de chrome décoratifs sont les collectionneurs qui restaurent de véhicules anciens mais aussi les adeptes de la customisation. Dans l'esprit de cette tradition de l'automobile retaillant de chrome ces perfectionnistes transforment des voitures et des motos modernes en véritables pièces de musée mais aussi en véritable hymne à la gloire du chrome.

 

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